Ramonage obligatoire : combien de fois par an et par qui

Un ramonage par an au minimum pour un conduit individuel, deux pour un conduit collectif : le décret du 20 juillet 2023 fixe ce plancher depuis le 1er octobre 2023. Les règlements locaux et les contrats d’assurance vont souvent plus loin, en particulier sur les appareils au bois et aux granulés très répandus en Saône-et-Loire.
Ce que la loi impose depuis octobre 2023
Le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 a remplacé un empilement de règles départementales par un socle national unique, applicable au 1er octobre 2023. Jusque-là, chaque département fixait sa propre cadence par arrêté préfectoral, ce qui produisait des obligations différentes d’une rive de la Saône à l’autre. Le nouveau texte harmonise la fréquence, la définition du geste et la preuve exigée. Deux cas se distinguent nettement.
Pour un conduit individuel, celui d’une maison du Mâconnais équipée d’une cheminée, d’un poêle ou d’une chaudière, le ramonage est effectué au moins tous les douze mois. Un passage annuel suffit à respecter le texte national, quel que soit le combustible brûlé.
Pour un conduit collectif, celui d’un immeuble où plusieurs logements se raccordent au même carneau, le rythme passe à un ramonage au moins tous les six mois, dont un pendant la période de chauffe. Les installations alimentées au gaz échappent à ce rythme semestriel et restent à un passage par an.
Le texte encadre aussi la nature du geste. Un ramonage désigne un nettoyage par action mécanique directe de la paroi intérieure du conduit, destiné à éliminer les suies et les dépôts et à garantir la vacuité du conduit sur toute sa longueur, tuyaux de raccordement compris. Le recours au feu ou aux explosifs est explicitement proscrit.
Une ou deux fois par an : ce qui fait pencher la balance
Le plancher national ne clôt pas la question. Trois textes ou contrats peuvent exiger davantage, et ce sont eux qui décident réellement du nombre de passages dus dans l’année :
- le règlement sanitaire départemental de Saône-et-Loire, qui a longtemps imposé deux ramonages annuels aux combustibles solides ;
- un arrêté municipal ou préfectoral, que certaines communes maintiennent plus strict que le socle national ;
- votre contrat d’assurance habitation, fréquemment rédigé avec l’exigence de deux passages sur un appareil au bois.
Lire ces trois sources avant de fixer un rendez-vous évite la mauvaise surprise. Un propriétaire de Cluny chauffé au bois et un pavillon de Mâcon relié à une chaudière gaz ne relèvent pas du même calendrier, alors que le ramonage obligatoire s’applique aux deux.
Bois et granulés, le cas le plus exigeant
Le bois bûche laisse un dépôt de créosote qui s’accumule vite quand le bois reste humide ou que l’appareil tourne au ralenti. Deux passages par saison demeurent la pratique courante chez les ramoneurs du Clunisois, dont un en cours d’hiver. Le poêle à granulés produit moins de goudron, mais encrasse fortement le conduit de raccordement et l’échangeur : son entretien annuel par un professionnel se double presque toujours d’un ramonage du conduit.
Chaudière gaz ou fioul, deux obligations distinctes
Une confusion revient chaque hiver. L’entretien annuel de la chaudière et le ramonage du conduit sont deux opérations différentes, qui peuvent être confiées à deux professionnels différents. L’entretien porte sur l’appareil : nettoyage, vérification du bon fonctionnement, réglage de la combustion. Le ramonage porte sur le conduit d’évacuation. Un contrat d’entretien de chaudière n’inclut pas systématiquement le second, et beaucoup de foyers l’apprennent le jour du sinistre.

Le certificat, la seule preuve qui compte
À l’issue de l’intervention, le professionnel remet une attestation dans un délai de quinze jours ouvrés suivant l’achèvement de l’opération. Ce document nomme le ou les conduits ramonés et atteste de la vacuité du conduit sur toute sa longueur.
Un certificat réellement exploitable devant un assureur mentionne au minimum :
- le numéro SIRET de l’entreprise et sa qualification ;
- la date exacte de l’intervention ;
- le conduit concerné et l’appareil qui s’y raccorde ;
- l’attestation de vacuité et les anomalies relevées.
Conservez ce papier au moins deux ans. Un document incomplet, une facture seule ou un ticket de caisse ne remplacent pas le certificat de ramonage devant une compagnie qui instruit un dossier.
Le décret encadre également qui peut délivrer cette attestation. Le professionnel justifie soit d’un CAP, d’un BEP ou d’un titre professionnel de niveau 3 en lien avec le ramonage et l’entretien des conduits, soit de trois années d’expérience attestées par la chambre de métiers et de l’artisanat. Réclamer cette preuve avant l’intervention évite de payer pour un certificat sans valeur.
Ce qui ne vaut pas un ramonage
La bûche de ramonage vendue en grande surface décolle une part des dépôts secs, sans jamais atteindre la paroi sur toute la hauteur ni traiter les coudes d’un conduit dévoyé. Le texte reste sans ambiguïté sur ce point : l’action doit être mécanique et directe, et l’emploi du feu est interdit. Aucun assureur ne retient ce produit comme preuve d’entretien.
Même verdict pour l’aspiration seule, le passage d’un furet par le bas ou le simple nettoyage de la vitre et du creuset. Ces gestes améliorent le tirage sur le moment, sans rien démontrer devant un expert. Le hérisson passé sur toute la longueur du conduit, par un professionnel qui délivre son attestation, demeure le seul geste opposable.
Les signes qui imposent d’avancer le rendez-vous
Un conduit prévient rarement, mais plusieurs indices ne trompent pas :
- une fumée qui refoule dans la pièce à l’allumage ou lors d’une rafale ;
- un tirage mou, un feu qui peine à démarrer malgré du bois sec ;
- une odeur de suie tenace dans le séjour, appareil éteint ;
- des dépôts noirs et brillants visibles sur la vitre ou dans le conduit ;
- une consommation de bois qui grimpe sans que l’hiver soit plus rude.
Le brouillard du Val de Saône et les longues périodes d’allure réduite favorisent ces dépôts. Un poêle mené en continu au ralenti, réflexe fréquent en intersaison, encrasse bien plus vite qu’un feu vif conduit deux heures par jour.
Un dernier signal mérite une réaction immédiate : maux de tête, nausées ou somnolence partagés par plusieurs occupants pendant la chauffe. Un conduit obstrué renvoie les fumées dans le logement et le monoxyde de carbone reste inodore et invisible. Coupez l’appareil, aérez, sortez, puis faites contrôler le conduit avant toute remise en service.
Prix constatés en Saône-et-Loire
Les fourchettes ci-dessous correspondent à une intervention simple, sur un conduit accessible, dans le Mâconnais et le Clunisois. Les frais de déplacement s’y ajoutent souvent en secteur rural.
| Appareil | Fourchette TTC | Rythme courant |
|---|---|---|
| Cheminée à foyer ouvert | 40 à 90 € | 1 à 2 fois par an |
| Insert ou poêle à bois | 50 à 130 € | 2 fois par an |
| Poêle à granulés | 60 à 130 € | Ramonage + entretien |
| Chaudière gaz | 50 à 85 € | 1 fois par an |
| Chaudière fioul | 50 à 85 € | 1 fois par an |
Trois facteurs font grimper la facture : un conduit tubé difficile d’accès, une toiture pentue qui interdit de travailler par le haut, et surtout un débistrage rendu nécessaire quand le goudron a durci en croûte vitrifiée. Cette opération lourde, réservée aux conduits très encrassés, se chiffre en centaines d’euros et se prévient par un rythme régulier.
Grouper le ramonage avec l’entretien annuel de la chaudière chez le même artisan réduit le déplacement facturé, à condition qu’il détienne bien les deux qualifications.

Amende et assurance : le vrai risque
Le défaut de ramonage constitue une contravention de troisième classe. L’amende forfaitaire s’élève à 68 €, portée à 180 € en cas de majoration, et jusqu’à 450 € devant le tribunal. Ce montant reste anecdotique face au second risque.
Un feu de cheminée déclenché dans un conduit non ramoné place l’assuré en défaut d’entretien. La compagnie peut réduire l’indemnisation, voire refuser sa garantie sur le sinistre lié au conduit. Or un feu de conduit ne reste presque jamais cantonné au conduit : charpente, toiture, combles et fumées abîment une maison entière, pour des montants qui se comptent en dizaines de milliers d’euros. La charge de la preuve pèse sur l’assuré, pas sur la compagnie.
Le partage des responsabilités mérite un mot. Dans un logement loué, le ramonage relève de l’entretien courant à la charge du locataire, sauf clause contraire du bail. Le propriétaire reste garant de la conformité du conduit lui-même. En copropriété, les conduits collectifs sont pris en charge par le syndic, tandis que le raccordement du logement demeure au compte de l’occupant.
Quand caler le rendez-vous dans le Mâconnais
Le calendrier compte autant que la fréquence. Deux moments valent mieux que les autres : avant la remise en chauffe, entre août et octobre, quand les carnets des ramoneurs se remplissent encore lentement ; puis en cours de saison, vers janvier ou février, pour le second passage exigé sur un appareil au bois.
Novembre et décembre concentrent les appels dans tout le département, et les délais s’allongent jusqu’à plusieurs semaines dans le Clunisois, où les distances entre villages pèsent lourd sur les tournées. Un rendez-vous pris en fin d’été se négocie mieux et se cale à la date voulue.
Le bâti bourguignon ajoute ses contraintes. Les maisons de pierre du Clunisois abritent des conduits maçonnés anciens, larges, parfois dévoyés, où les dépôts s’accrochent aux angles. Les longères rouvertes après plusieurs hivers sans feu réclament un contrôle de vacuité avant la première flambée : un nid d’oiseau ou une brique intérieure effondrée suffit à refouler les fumées dans le séjour.
Prochaine étape : ressortez votre dernier certificat, vérifiez sa date et le nombre de conduits couverts, puis appelez avant la fin de l’été. Pour un ramonage ou un entretien complet à Mâcon, à Cluny, à Tournus ou dans les villages alentour, remplissez le formulaire de cette page : un artisan vérifié du secteur vous rappelle pour un devis gratuit.